Un peu de théorie
Je suis actuellement étudiant en Licence de psychologie.
Dans mon cours sur les TCC (Thérapies Cognitives et Comportementales), nous avons vu le principe général du conditionnement opérant de Skinner : l'émission d'un comportement est conditionnée par ses conséquences (feedbacks) :
- Si le comportement est suivi d'un stimulus faisant office de renforcement, cela augmente la fréquence d'émission du même comportement
- Réciproquement, si le stimulus fait office de punition, cela diminue la fréquence d'émission du comportement
Mais un comportement peut être suivi de 2 stimulus :
- un renforcement
- puis une punition
Or, il se trouve que, dans le fonctionnement du cerveau, le renforcement est plus efficace que la punition.
Ainsi, malgré la punition, c'est le renforcement qui va gagner.
Exemple : addiction à l'alcool. Bien que l'alcool provoque une gueule de bois (punition), l'euphorie ressentie (récompense) est "gagnante" est incite à boire de nouveau.
Éducation des enfants
Lorsqu'un enfant fait une bêtise, il y a tout un circuit de récompense qui se trouve activé chez lui, provoquant un renforcement de l'intérêt du comportement.
S'il est ensuite puni, la punition ne va pas forcément être efficace pour contrebalancer l'effet de renforcement précédent.
Il sera bien plus productif de trouver un renforcement (pour un autre comportement émissible à la place de la bêtise).
Et la loi dans tout ça ?
La LOI n° 2019-721 du 10 juillet 2019 relative à l'interdiction des violences éducatives ordinaires indique : « L'autorité parentale s'exerce sans violences physiques ou psychologiques. »
Et vous comprenez, avec ce que nous avons vu ci-dessus, que ça n'est qu'une mise en application du principe général du conditionnement opérant de Skinner.
On peut néanmoins regretter que cette loi soit elle-même du côté punitif, sans donner, ni de raisons désirables, ni de moyens concrets et positifs. Priver d'un (mauvais) outil éducatif sans en donner un (meilleur) à la place, c'est un peu n'avoir fait que la moitié du travail.
Qu'en dites-vous ?
