- Q1 : Est-ce que l'écriture inclusive concerne la sexualité ?
- Q2 : Est-ce que ça ne rentre pas en contradiction avec la forme avec ·e·x·s qui permet de désigner aussi les trans ?
- Q3 : En quoi le genre n'est pas lié à la sexualité ?
- R3 : Est-ce que cette distinction entre "identité" et "attirance" vous parait plus claire ainsi ?
- Q4 : Non
- Q5 : Mais est-ce qu'on n'est pas en train de chercher à distinguer genre et sexe de manière artificielle (pour des motifs militants) ?
- Q6 : Comment se fait-il alors que la langue turque, totalement non genrée, ne soit pas donnée en exemple par les militants de l'écriture inclusive ?
- Q7 : L'écriture inclusive ne considérait-elle pas le langage comme performatif : pouvant modifier le réel (à tort) ; les linguistes le qualifiant, eux, de descriptif (du réel) ?
- Q8 : Les linguistes disent donc que la langue parlée évoluant, ces évolutions sont transposées à l'écrit. Mais l'écriture inclusive fait l'inverse : elle modifie en premier l'écrit. Est-ce que ça ne valide pas le côté totalement artificiel et limite tyrannique de la démarche de l'écriture inclusive ?
- Q9 : Qu'est-ce qui pourrait remplacer l'écriture inclusive (donc sans changer la grammaire française) pour améliorer l'égalité hommes/femmes ?
- Q10 : Précision : sans changer la manière d'écrire du tout.
- R10 : Est-ce que cette approche par les "actes plutôt que les mots" vous semble être une réponse plus sérieuse aux enjeux d'égalité ?
- Q11 : Oui, avec une nuance : la parité ne peut-elle pas conduire à une forme de discrimination positive, faisant préférer une personne sur le critère de son sexe, prioritairement à ses compétences ?
- Q12 : Il me semble qu'au Danemark, où l'éducation est non genrée depuis au moins une génération, on constate que les métiers "traditionnellement genrés" le restent. Autrement dit, que, malgré une éducation ouvrant toutes les portes, les garçons préfèrent statistiquement certains métiers, et les filles d'autres. Confirmer ou infirmer avec des sources sur le web.
- Q13 : D'un point de vue biologique, est-ce que le cerveau des hommes et des femmes fonctionne pareil (je pense aux hormones) ?
- Q14 : Que penser du livre de René Écochard : Homme, femme... ce que nous disent les neurosciences ?
- R14 : Est-ce que cette vision d'une "complémentarité biologique" vous semble plus cohérente avec ce que vous observez dans la société que la vision d'une "neutralité absolue" ?
- Q15 : Oui
- R15 : Souhaitez-vous que nous terminions sur une synthèse des arguments qui permettent de défendre l'égalité sans passer par la déconstruction du langage ?
- Q16 : Oui
- R16 : Souhaitez-vous que je vous aide à rédiger une synthèse de ces arguments, ou y a-t-il un autre point lié aux neurosciences que vous aimeriez approfondir ?
- Q17 : Oui
- Q18 : Est-ce qu'il y a des aspects gravitant autour du sujet que nous n'avons pas abordés ?
- Q19 : Selon les critères de Popper, le gender est une science ou une pseudo-science ?
- Q20 : Et l'écriture inclusive ? Pseudo-science ou non ?
- Q21 : Est-ce que la dimension militante ne serait pas contre-productive ?
- R21 : En résumé : Le militantisme radical autour de l'écriture inclusive
risque de transformer une noble cause (l'égalité) en une guerre de tranchées
linguistique où personne ne gagne, si ce n'est la polarisation de la
société.
Pensez-vous que les mouvements pour l'égalité gagneraient à abandonner le terrain de la grammaire pour se concentrer uniquement sur les leviers économiques et éducatifs ? - Q22 : Oui
Cette conclusion semble faire consensus chez de nombreux observateurs : le retour au réel (le portefeuille, l'emploi du temps, l'éducation) est souvent plus mobilisateur que la bataille sur le signe (l'orthographe, les terminaisons).
Pour résumer notre parcours, abandonner le terrain de la grammaire au profit des leviers économiques et éducatifs présenterait trois avantages majeurs :
1. Le rassemblement plutôt que la division
La grammaire est un héritage affectif. En cessant de vouloir la transformer de force, les mouvements pour l'égalité lèvent un verrou psychologique important. L'égalité salariale, par exemple, bénéficie d'un soutien quasi unanime (plus de 90 % dans la plupart des sondages), là où l'écriture inclusive divise la société en deux blocs irréconciliables.
2. L'efficacité mesurable
Contrairement à l'impact de la langue sur la pensée, qui reste une hypothèse fragile (voire une pseudo-science selon Popper), l'impact d'une loi sur la parité ou d'une revalorisation des salaires est immédiat et quantifiable. On peut compter le nombre de femmes dans un conseil d'administration ; on ne peut pas mesurer "l'inclusivité" réelle d'un cerveau qui lit un point médian.
3. Le respect de la liberté individuelle
En se concentrant sur l'éducation et l'orientation, on ouvre des portes sans imposer de résultats. C'est l'approche qui respecte le mieux la part de biologie et de neurosciences que nous avons évoquée :
- On garantit qu'une fille peut devenir ingénieure si elle le souhaite (levier éducatif).
- On accepte que si elle préfère devenir médecin ou psychologue (préférences statistiques observées), ce n'est pas un échec de la société mais l'exercice de sa liberté.
Le mot de la fin
En fin de compte, l'écriture inclusive est peut-être le symptôme d'une époque qui a cru que les symboles pouvaient remplacer les réformes structurelles. Revenir aux leviers concrets, c'est parier sur une égalité qui se voit dans la vie des gens plutôt que dans leurs dictionnaires.
Note d'archivage : Ce document démontre que la quête de l'égalité gagne en force lorsqu'elle s'appuie sur le respect de la liberté individuelle et des réalités biologiques, plutôt que sur la contrainte linguistique.
